"La mort n’est rien" n’est pas de Péguy !

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Le 17/04/2011

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Le texte intitulé « La mort n’est rien » est souvent lu lors d’obsèques. C’était ainsi le cas lors des funérailles de la comédienne Annie Girardot, le 4 mars. La plupart des gens pensent que ce texte a été écrit par Charles Péguy, CE QUI N’EST PAS LE CAS. Explications.



 



« La mort n'est rien : je suis seulement passé, dans la pièce à côté.

Je suis moi. Vous êtes vous.

Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.

Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait, n'employez pas un ton différent.

Ne prenez pas un air solennel ou triste.

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
»



C’est dans les années 90 que ce texte a fait son apparition dans les cérémonies d’enterrement en France, avec à chaque fois la mention de l’auteur (supposé) : Charles Péguy. Etonnés, quelques Péguystes, dont Jean Bastaire, se penchent sur l’affaire et concluent de manière définitive : « ce texte est un faux, un apocryphe » (Bulletin N°74 de l’Amitié Charles Péguy, avril-juin 1996).



« Death is nothing at all »



Mais alors, d’où provient ce texte ? Qui en est l’auteur ? Jean Bastaire précise avoir eu entre les mains plusieurs versions légèrement différentes de ce texte, avec un style plus ou moins direct (tutoiement ou vouvoiement). Selon les versions, on trouve par exemple les phrases suivantes exprimant une même idée :

 « Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours. »

« Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. »

« Tout ce que nous avons été l’un pour l’autre demeure. »

Jean Bastaire suppose alors qu’il pourrait s’agir d’une traduction. Ses recherches le conduisent jusqu’à un certain « Henry Scott Holland », chanoine anglais (1847-1918). Eric Thiers, autre Péguyste mobilisé dans cette affaire, complète. Selon ses sources, ce texte est extrait d’un sermon sur la mort intitulé « The King of Terrors », prononcé le 15 mai 1910 à la Cathédrale St Paul de Londres, peu après le décès du Roi Edouard VII. La version originale du texte est la suivante :



« Death is nothing at all, I have only slipped away into the next room.

I am I, and you are you.

Whatever we were to each other, that we still are.

Call me by my old familiar name, speak to me in the easy way which you always used, put no difference in your tone, wear no forced air of solemnity or sorrow.

Laugh as we always laughed at the little jokes we shared together.

Let my name ever be the household word that it always was.

Let it be spoken without effect, without the trace of a shadow on it.

Life means all that it ever meant.

It is the same as it ever was.

There is unbroken continuity.

Why should I be out of mind because I am out of sight?

I am waiting for you, for an interval, somewhere very near, just around the corner.

All is well.
»



Péguy traducteur ? Impossible !



En tout état de cause, Charles Péguy n’est pas l’auteur de ce texte. En serait-il « un simple traducteur » comme on peut le lire sur certains forums ? Impossible, Péguy n’était pas à Londres le 15 mai 1910 lorsque ces mots (« Death is nothing at all ») ont été prononcés. Par ailleurs, il est mort en 1914, alors que le texte n’a été publié pour la première fois qu’en 1919, dans un ouvrage appelé Facts of the Faith aux éditions Longmans, Green & Co à Londres, comme nous l’a confirmé Joseph Wisdom, actuel responsable de la bibliothèque de la Cathédrale St Paul.



Mais alors, comment se fait-il que ce texte soit (faussement) attribué à Péguy ? Mystère ! Dans son article « Contre un apocryphe » (Bulletin N°74 de l’Amitié Charles Péguy, avril-juin 1996), Jean Bastaire le reconnaît : « j’ignore toujours quelle main ignorante ou sournoise a placé sous le patronage du poète des Mystères et des Tapisseries une œuvre certes belle, mais qui n’est pas de lui ». Les recherches complémentaires menées depuis ne nous ont toujours pas permis de trouver qui avait attribué à Péguy, ce texte, quand et pourquoi. Reste cette évidence que l’Amitié Charles Péguy ne se lassera pas de répéter : « La mort n’est rien » n’est pas de Péguy !



Olivier Péguy


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Par : RAMATA

Note : Note 1

Titre : SAINT AUGUSTIN

Avis : Ne pleure pas, si tu m’aimes !

Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le ciel !

Si tu pouvais d’ici entendre le chant des Bienheureux et me voir au milieu d’eux !

Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les immenses horizons et les nouveaux sentiers où je marche !

Si un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !

Quoi ?… tu m’as vu… tu m’as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais ni me revoir ni m’aimer dans le pays des immuables réalités ?

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient, et quand, un jour que Dieu seul connaît et qu’il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l’a précédé la mienne… ce jour-là, tu me reverras et tu retrouveras mon affection purifiée.

A Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse, je sois infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie et sois devenu moins aimant !

Tu me reverras donc, transfiguré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant, d’instant en instant, avec toi, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie !

Alors… essuie tes larmes, et ne pleure plus… si tu m’aimes !…

Par : Ramata

Note : Note 1

Titre : ramata

Avis : Les mots de Saint Augustin sont ceux là :

Ne pleure pas, si tu m’aimes !

Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le ciel !

Si tu pouvais d’ici entendre le chant des Bienheureux et me voir au milieu d’eux !

Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les immenses horizons et les nouveaux sentiers où je marche !

Si un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !

Quoi ?… tu m’as vu… tu m’as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais ni me revoir ni m’aimer dans le pays des immuables réalités ?

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient, et quand, un jour que Dieu seul connaît et qu’il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l’a précédé la mienne… ce jour-là, tu me reverras et tu retrouveras mon affection purifiée.

A Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse, je sois infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie et sois devenu moins aimant !

Tu me reverras donc, transfiguré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant, d’instant en instant, avec toi, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie !

Alors… essuie tes larmes, et ne pleure plus… si tu m’aimes !…